[Xbox One] Yakuza Kiwami

En bref :

La Xbox One, et par extension le Game Pass, se dotent là d’un autre titre de qualité . Malgré des lacunes techniques, Yakuza Kiwami reste un pilier dans son domaine, et ce premier épisode ne souffre pas des affres du temps, du moins dans sa narration. L’histoire sert l’action, et pas l’inverse, ce qui devient de plus en plus rare. Et tous les à-côtés proposés par les quêtes secondaires, jeux annexes et dialogues variés apportent une réelle texture à l’univers. On regrettera juste les sous-titres uniquement en anglais, mais l’expérience mérite l’effort.

Note : 4 sur 5.

Avec le temps, la licence Yakuza a su s’imposer dans le paysage varié des jeux exclusifs aux consoles Sony. Au Japon notamment, mais également en occident, où les joueurs Xbox peuvent enfin découvrir l’épisode qui a lancé la franchise, avec un habillage remis au goût du jour.

Comme une odeur de naphtaline

Yakuza Kiwami, remake HD du premier épisode sorti sur PS2 en 2005, affiche les traits d’un mafieux fatigué. Non, le jeu n’est pas moche mais son interface n’a pratiquement pas bougé depuis plus de 10 ans. On note quelques nouveautés, comme cette espèce d’arbre de compétences qui permet de faire évoluer son personnage, mais dans l’ensemble, le concept stagne. Cheveux figés, décors en plastique, PNJ insipides et animations recyclées – le tout dans le quartier chaud de Kamurocho qu’on connaît désormais par coeur – ne font qu’appuyer ce constat.

Kamurocho by night

Heureusement, le passage à la PS4, puis à la Xbox, permet des traits et des animations un peu plus nets, tandis que certaines cutscenes recourent à des plans fixes avec un grain vintage qui donne un certain cachet au jeu. Les développeurs ont d’ailleurs zappé les animations de la bouche lors des dialogues durant ces séquences-là, un moyen ingénieux d’économiser du travail (bien joué, SEGA !). Les cinématiques sont quant à elles toujours magnifiques, sublimées par le jeu d’acteurs qui donne à Yakuza Kiwami cette dimension épique, si chère à la saga.

Je repars à zéro

S’il peut être compliqué de suivre l’histoire à travers les nombreuses sorties ; surtout à cause du décalage avec le Japon, on ne pourra que savourer chacune des lignes des dialogues, tant ces derniers se veulent prenants, voire percutants par endroits. Alors que vous incarnez Kiryu (NDLR : oui son prénom c’est Kazuma, mais ce sera Kiryu quand même), un Yakuza accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Il ne faudra pas longtemps pour découvrir que tout cela est le résultat d’une mascarade. Vous quitterez le monde de la pègre, et, en tant que simple citoyen, tenterez tant bien que mal, de découvrir qui vous a piégé. Dans la licence Yakuza, l’histoire est très souvent maîtresse des actions et des pérégrinations que l’on effectue dans ce quartier de Tokyo. S’il se plaît à être une sorte de survivant de Shenmue, on pourra saluer la justesse des récits et autres punchlines bien senties.

Ecoutez, laissez la police faire son travail…

Car oui, dans tous les Yakuza qui se respectent, l’histoire est essentielle au bon fonctionnement de l’aventure ; à tel point qu’il n’est pas rare de se laisser prendre à imaginer la suite des évènements, lorsque ces derniers ne sont pas trop prévisibles. Sur ce point-là, Yakuza Kiwami reste tout aussi bon que ses aînés, et on se laisse porter par les nombreuses cinématiques, tant l’histoire qui se dévoile est saisissante. En se promenant dans le quartier, on soulignera les dialogues des quêtes annexes, avec également une écriture de qualité, se permettant même un grain de folie appréciable, capable de nous arracher des sourires.

Un Yakuza Kiwami un tigre dans son moteur !

Sorti en 2005 sur PS2, Yakuza pouvait apparaître assez fébrile graphiquement en Europe. Mais qu’en est-il ? En fait, le joueur habitué à prendre les devants avec les Yakuzas ne le sait que trop bien, pour vivre une telle aventure, c’est sur la PS2 qu’il fallait être et, dès lors, un passage d’un titre les consoles actuelles ne pouvait qu’être plus attrayant. Sur le papier, le fait est accompli et l’on retrouve des textures fines et des personnages très bien modélisés, notamment lors des cinématiques.

Z’avez votre attestation de sortie monsieur ?

En revanche, d’autres PNJ n’auront pas bénéficié du même traitement de faveur. Assez rare, un clipping assez perturbant se fait sentir par moments (surtout lorsque l’on court) et quelques baisses de forme avec un framerate parfois à l’agonie. Qu’on se le dise, cela ne ternit en rien l’expérience, puisque, globalement, Yakuza Kiwami se veut assez joli, avec une mention spéciale lorsque la nuit est là et que les lumières brillent dans les rues et devant les boutiques.

Une montagne de trucs à faire

Entre chaque avancée du récit, Yakuza Kiwami se partage entre balade, combats, mini-jeux et quêtes complètement farfelues. Les premiers réussissent à se renouveler en offrant désormais au joueur plusieurs styles de combat, qu’il est possible de développer avec de l’argent et entre lesquels on peut switcher grâce à la croix directionnelle. Et il y a de quoi faire : on aura le choix entre un style brawler brutal assez classique, un autre davantage basé sur la rapidité et l’esquive, et enfin un troisième plus bestial, dans lequel l’ami Kiryu se saisira automatiquement dans le cours de son combo de n’importe quel objet présent autour de lui.

Kazuma Kiryu, dentiste à ses heures

Les combats sont intéressants pour peu qu’on ait saisi les subtilités du système (en particulier contre les boss, où il faudra s’adapter à des patterns parfois difficiles à cerner), mais ils s’avèrent également un peu brouillons, en raison d’un lock capricieux et d’une caméra un peu folle par moments.

Mais bien entendu, Yakuza Kiwami ne serait pas digne de son patronyme s’il n’était pas bardé de mini-jeux et de quêtes annexes chelous voire un peu débiles. Vous aurez le choix entre les fléchettes, le bowling, le base-ball ou encore les échecs. Si vous n’êtes pas amateur, vous aurez toujours le loisir de remplir les quêtes annexes, qui vous sauteront au visage de toute façon, à un moment ou à un autre. Le tout avec des objectifs hallucinants tels que sauver une jeune fille d’une secte ou encore aider un jeune homme à traverser un pont sans se faire tabasser à cause de la veste qu’il porte… Sans parler de Goro Majima, un protagoniste qui viendra pimenter l’aventure à sa façon…

Faire ses courses dans le combini, avant d’aller jouer au shogi et finir la soirée en distribuant des pains, c’est aussi ça l’esprit Yakuza !

C’est l’histoire d’un mec…

Et la force des jeux Yakuza a toujours résidé dans leurs histoires épiques, où l’honneur, la trahison, la corruption et les rebondissements impossibles jouent un rôle important. Yakuza Kiwami ne déroge pas à la règle et nous propose un scénario avec tous les savoureux ingrédients de ses aînés. Mieux encore, contrairement aux épisodes 3, 4 et 5 qui proposaient une histoire un peu complexe (trop de personnages, trop de rebondissements, trop de n’importe quoi…), le retour aux origines de cet opus permet d’aller droit au but. Le scénario n’en reste pas moins surprenant mais évite de s’égarer. Le côté épique doit également beaucoup à la mise en scène impeccable qu’on applaudit des deux mains.

Et la pause clope bien méritée entre deux séquences

Malgré ses aspects datés, Yakuza Kiwami impose le respect par son histoire, sa mise en scène, et la quantité plutôt impressionnante d’activités annexes. Un doublage excellent, une ambiance visuelle et sonore réussies, et des combats nerveux par-dessus le marché, font de ce titre un des meilleurs de la saga.

Points positifs :

  • L’histoire qui sert l’action
  • Ambiance 90s très agréable
  • Le charisme des personnages
  • La quantité de choses à faire

Points négatifs

  • Moteur vieillissant
  • Quelques passages à vide dans l’histoire (pour chipoter)
  • On en veut toujours plus…

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