Streets of Rage 4

En bref :

Streets of Rage 4 est beau, jouable, complet, et doté d’une rejouabilité intéressante. C’est une expérience notable, une véritable suite de qualité forgée par Dotemu, qui prouve encore une fois son excellence, et leur passion. A l’extrême limite, on peut chipoter sur le coop en ligne jouable « juste » à deux… Mais ça n’enlève rien au fait que cette quatrième opus fait honneur à la série, voire au genre.

Note : 5 sur 5.

Au panthéon du vaste monde des beat them all trônent des titres légendaires : Final Fight (dont on fêtait les 30 ans en décembre 2019), Double Dragon, ou encore Streets of Rage. Ce dernier voit sa famille grandir aujourd’hui avec un quatrième épisode, dont la conception a été laissée aux bons soins de Dotemu. Et autant le dire tout de suite, la réussite est totale.

Tut tut les rageux

Streets of Rage sera éternellement rattaché à la Megadrive, dont il fut -et reste encore- un fer de lance. Trois épisodes mémorables, qui ont chacun apporté quelque chose au genre. Le premier, sorti en 1991, posait les bases, avec 3 personnages jouables (Axel, Blaze et Adam) : au-delà de la distribution de pains, chaque personnage avait une palette de coups qui lui était propre, seule l’attaque spéciale était commun. Pour mémoire : une voiture de police qui déboule, un policier qui en sort et balance une roquette qui enflamme l’aire de jeu dans laquelle le joueur se trouve.

Streets of Rage 2 permettait de jouer avec un des 4 personnages, introduisait le mode Duel, et également les coups spéciaux. Deux types était disponibles : Le premier, en appuyant sur le bouton dédié, lançait une attaque de zone par une simple pression, ou une attaque ciblée, en maintenant une direction puis en pressant le bouton. Pratique pour faire le ménage, cette attaque pompait aussi la barre de vie du personnage. A utiliser donc avec modération ! Une seconde attaque spéciale permettait aussi de faire du dégât, en pressant avant deux fois avant d’appuyer sur le bouton d’attaque. Ces petits gestes techniques, qui cassaient la lassitude du simple matraquage de boutons, ont permis au jeu de donner une dimension de puissance aux personnages : uppercut de feu pou Axel, ou projection d’énergie pour Blaze, ça assure le spectacle ! Le tout dans des environnements variés, des noms et des barres de vie pour les adversaires, et des boss mémorables. Certainement le magnum opus de la série.

Enfin, Streets of Rage 3 mettait l’accent sur l’histoire, en scénarisant les chapitres avec des petites cutscenes, et en proposant un gameplay plus rapide et nerveux. Ce troisième épisode a divisé les foules, encore aujourd’hui, à cause notamment de son aspect, et de ses choix en terme de direction artistique. A vous de vous faire une idée…

Il est bien sûr possible de retrouver ces titres en y rejouant sur la console d’origine, ou par le biais d’une des nombreuses compilations sorties depuis sur des machines récentes.

Ici, Sega Vintage Collection – Streets of Rage

Dotemu : un poing c’est tout

Les français de Dotemu n’en sont pas à leur premier essai : on leur doit notamment le magnifique remake complet de Wonderboy and the Dragon’s Trap, qui encore aujourd’hui est une leçon en termes de graphismes, et de remise au goût du jour de jeux rétro. Sans gâcher le matériau d’origine, ils ont su au contraire, le sublimer. Cela grâce à une direction artistique éblouissante, la conservation du gameplay et du challenge d’origine, et même la possibilité de repasser au jeu d’origine en pressant une touche. A une époque ou certains collaient juste un « HD » près d’un de leurs vieux titre en le vendant à prix fort, Dotemu a su aller au-delà de cette méthode simplette de markéteux véreux, et proposer leur vision.

Wonderboy and the Dragon’s Trap en action

Leur autre réussite, c’est de proposer d’anciens titres de qualité, comme Another World ou Windjammers, pour les découvrir ou redécouvrir sur les machines actuelles, sans passer par une simple émulation, avec une refonte qui ne trahit pas l’original.

Et enfin, la créativité est aussi mise à l’honneur, avec des suites entièrement nouvelles, comme Windjammers 2, et bien entendu Streets of Rage 4 !

La rue des pains

Avant tout, faisons un petit tour du propriétaire, en quelques chiffres. Streets of Rage 4 c’est :

  • 12 niveaux dans des environnements différents
  • 5 niveaux de difficulté
  • 4 personnages de base, ensuite certains se débloquent dans le mode histoire, d’autres en accumulant des points après chaque fin de niveau.
  • Jouable à 4 en local et 2 en ligne
  • Une fois le mode histoire fini, on débloque les modes suivants :
    • Mode arcade : 1 vie pour finir le jeu mais le choix de la difficulté est possible
    • Mode boss rush, un incontournable aujourd’hui pour se faire la main sur les patterns des boss
    • Choix du niveau, pour parfaire son art dans chacun des stages du jeu.
Une image pour résumer les modes dispos

Le mode duel permet de se taper entre amis, et ainsi de détruire des amitiés de longue date, en vous bastonnant dans des arènes avec votre personnage préféré.

Un mode extra est également disponible, pour voir des artworks, concept arts ou fiches de personnages variées. Un bonus agréable qui permet de voir le boulot fourni pour cet opus.

Un exemple parmi tous les extras disponibles

Vous pouvez customiser votre expérience de jeu, en choisissant par exemple la musique remixée ou d’origine, ou en choisissant la forme de la nourriture que vous ramasserez au gré de vos tribulations (et même les végans pourront choisir du tofu et de la salade, ça fait plaisir !)

Le jeu est généreux, et la rejouabilité est forte, car pour tout débloquer, il va falloir cumuler des points après chaque niveau ! Et ça promet de longues heures de jeu, rien que pour débloquer tous les personnages disponibles, soit plus d’une dizaine.

En terme de gameplay, Streets of Rage 4 est une savante combinaison des 3 premiers épisodes, avec le petit twist qui lui permet d’avoir son identité. On retrouve les bases :

  • les zones à nettoyer avec le boss à la fin du stage, et les attaques spéciales consommables du premier
  • les coups spéciaux et la sensation de puissance du 2
  • la scénarisation et le gameplay nerveux du 3

On y ajoute un système de combos, qui fait monter le score en enchainant les pains, et en évitant de s’en prendre. Egalement un nouveau coup spécial aérien, qui draine lui aussi un peu de vie, mais surtout, une furie, qui reprend le système du premier jeu. Des étoiles sont nécessaires pour les lancer, vous en avez dès le début d’un niveau, et il est possible d’en récupérer parfois dans des conteneurs (ou autres… à vous de chercher)

En pressant 2 touches simultanément, votre personnage libère sa puissance et bousille tout ce qui se trouve près de lui, en consommant une étoile à chaque fois. Mais une étoile non utilisée vous permet, à la fin du niveau, de faire monter le score… A vous de choisir votre stratégie !

C’est aussi efficace que joli !

La prise en main est immédiate, et le plaisir de jeu est là. Les sprites sont de toute beauté, et rendent bien la puissance des coups grâce à une animation de grande qualité, avec en fond une bande son qui colle naturellement à l’action.

Une histoire classée X

Un peu comme pour les films d’action, le scénario des jeux du genre sont plutôt un prétexte à la baston. On va pas philosopher sur du Stallone, mais pour autant, il faut pas non plus prendre le public pour des débiles. Ici, on se retrouve dans une affaire de famille : les enfants de M. X, l’ancien vilain de la série, reprennent le flambeau et ont un plan machiavélique pour mettre la ville à leurs pieds. Ainsi, nos héros devront sillonner les rues, vaincre des hordes de malfrats, découvrir le vil dessein qui menace la ville, et défaire le frère et la sœur Y qui veulent vous faire bobo.

On découvre l’histoire au fil des niveaux, par le biais de cutscenes propres et efficaces, qui permettent de relâcher la pression après des combats de boss souvent prenants, mais parfois inégaux. Certains sont de vrais bourrins, accompagnés même parfois de laquais qui viendront vous pourrir. D’autres boss sont plus simples, mais cette inégalité n’entache pas la qualité globale du titre.

Jouable seul ou avec des amis, le mode histoire se déguste avec un certain plaisir. Soit en ligne avec un autre camarade, ou jusqu’à 4 en local. On adapte sa stratégie selon avec qui on joue, et chaque partie assure son lot de sensations, ou de moments fun.

Chacun y trouvera son compte en terme de challenge, car les différents modes de difficulté permettront aux grands débutants comme aux plus aguerris d’y trouver leur compte. Et cela sans se ruiner, car le jeu est sorti pour moins de 25€, ce qui est tout à fait honorable !

ON RESPECTE LES DISTANCES DE SECURITE MONSIEUR !

Streets of Rage 4 est beau, jouable, complet, et doté d’une rejouabilité intéressante. C’est une expérience notable, une véritable suite de qualité forgée par Dotemu, qui prouve encore une fois leur excellence, et leur passion.

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