[Test] Carrion

En bref :

Etonnante surprise, Carrion se place entre défouloir et réflexion, le tout dans une ambiance horrifique mais jouissive à la fois. Les contrôles des différentes compétences de la créature peuvent nécessiter un peu d’entraînement cependant. Mais le plaisir est présent, le tout étant soutenu par une direction artistique solide. Du bon boulot.

Note : 3.5 sur 5.

Le prolifique studio Devolver propose une excursion horrifique dans les entrailles d’un complexe de recherche souterrain. Mais cette fois-ci, pas question d’échapper à un virus, des zombies ou autre, car dans Carrion, la créature… C’est vous ! Pas question de faire dans la dentelle, ici, il faut sortir ses tentacules et passer outre les pièges, la sécurité, les armes et les épreuves de ce bastion.

10 minutes de gameplay maison, c’est cadeau !

Tentacruel

Fraîchement sorti du caisson de confinement qui la retenait prisonnière, l’espiègle créature veut déjà s’amuser ! Elle est joueuse, avec ses tentacules et ses jolis yeux globuleux, elle aime s’accrocher aux murs pour se déplacer. Son autre plaisir, c’est de jouer avec la nourriture, sous forme d’humains, en s’y accrochant, puis croquer les gens après leur avoir fait des câlins. Trop mimi !

Très attachante cette bestiole !

Mais bien souvent, il faudra aussi réfléchir, pour ouvrir des portes, se frayer des passages et passer dans de nouveaux endroits à détr… euh, explorer !

La brave bête peut, dans sa forme initiale, casser de petits objets, des portes, ou plus tard, utiliser un tentacule comme une toile d’araignée. Pratique pour immobiliser les vilains humains qui lui tirent dessus, ou activer un interrupteur inaccessible ! Ou encore, se rendre invisible… Mais il ne faut pas tout dévoiler !

Pourquoi « dans sa forme initiale » ? Parce qu’il est possible d’évoluer en absorbant de l’ADN, grâce à des cylindres à trouver, et à briser pour obtenir de nouvelles compétences. Un peu à la Metroid diront certains. Cela permet de continuer la progression, ou de devenir en arrière pour trouver des zones inaccessibles auparavant.

Mode bucheron-charcutier activé

Evolve and carry on

Mais la mécanique de Carrion est plus poussée qu’un simple amoncellement de power-ups : sous sa forme évoluée, la créature est plus imposante, dispose de plus de points de vie, et pourra à terme briser des panneaux de bois avec une attaque chargée. Mais dans cette forme, impossible d’activer des interrupteurs à distance, ou être invisible… Il faut donc trouver un point d’eau, dans laquelle il sera possible de décharger de la biomasse pour retrouver sa forme initiale. Cette masse de chair est récupérable par la suite en la mangeant.

Cela dans un but précis : résoudre des puzzles à base de déclencheurs, des zones où il faut être plus discret, ou au contraire tout défoncer. Mais rien de bien sorcier, les mécaniques sont simples, et un peu de réflexion mettent vite à mal ces passages.

En ce qui concerne les phases d’action, il est possible de se la jouer barbare, mais en face, la défense a du répondant : certains ont juste des pistolets, d’autres ont des boucliers d’énergie, des mitrailleuses ou lance flammes… Et la vie part vite ! Les brûlures se soignent dans l’eau, et l’énergie peut se restaurer (littéralement) en mangeant des humains. Sauf ceux en combinaison, à priori la créature ne digère pas le kevlar ou le latex. Autre possibilité, la jouer furtive en se planquant des des zones tranquilles, et attaquer au bon moment. Ou ne pas attaquer, parfois c’est possible.

Certains ennemis sont de vraies plaies, notamment les drones, super rapides, avec bouclier et mitrailleuse. L’idéal est de les dégager avec la toile, en forme initiale, mais quand ils sont plusieurs, c’est coton. Est également de la partie un mecha, à réserver à la forme évoluée, car le mecha n’aime pas le corps à corps.

Tu avances ou j’tentacule

Il faut donc évoluer (haha…) dans ce dédale de pièces, aux environnements variés. Le labo, la mine d’uranium, le jardin bonatique ou une base sous-marine, ça fait voyager. Des failles sur certains murs permettent de s’y immiscer et de créer un point de sauvegarde. Certaines de ces failles agissent comme des interrupteurs à activer, et sont au nombre de 3 ou 4, qui permettent d’ouvrir la porte du prochain niveau.

Certains passages permettent aussi de jouer dans la peau d’un humain, lors de passages plus calmes. Un peu de promenade, quelques petits puzzles, rien de méchant. Mais ces moments donnent de la texture à l’histoire du jeu (parce qu’il y en a une, si, si !) et permettent une petite pause entre deux carnages.

La difficulté est croissante, mais jamais frustrante. Ainsi, Carrion a cette espèce de goût de reviens-y, même pour les passages les plus retors, car plusieurs approches sont différentes. Même parfois drôles, car la physique du jeu a aussi une incidence, et peut servir. Exemple :

Attention ça va trancher

Le gameplay est bon, précis, mais il faut un peu de temps pour s’habituer aux actions de la créature, notamment l’utilisation des tentacules. Pour les déplacements, aucun souci, tout répond vite et bien.

Mais le véritable point fort de Carrion, c’est son ambiance, dans ces environnements lugubres, glauques, mais fourmillants de détails. L’animation de la créature est crade à souhait, changeant d’aspect selon son nombre de points de vie : du titanesque morceau de chair sanglant quand il est à fond, au petit poulpe rouge s’il est près du trépas. La bande-son et les effets sonores sont aussi de très bonne facture, et contribuent à cette immersion horrifique.

Etonnante surprise, Carrion se place entre défouloir et réflexion, le tout dans une ambiance horrifique mais jouissive à la fois. Les contrôles des différentes compétences peuvent nécessiter un peu d’entraînement, mais le plaisir est présent, le tout étant soutenu par une direction artistique solide. Du bon boulot.

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